Richard-von-Weizsacker

L’ancien prési­dent de la République fédérale alle­mande, Richard von Weizsäcker, est mort à l’âge de 94 ans, a annoncé samedi 31 jan­vier la prési­dence allemande.

Mem­bre de l’Union chrétienne-​démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel, il était con­sid­éré comme l’une des grandes fig­ures morales de l’Allemagne d’après-guerre. Il avait joué un rôle majeur dans la manière dont l’Alle­magne a géré son passé nazi, en affir­mant pour la pre­mière fois que le 8 mai 1945 avait été un jour de « libéra­tion » et non de capit­u­la­tion de son pays.

Né le 15 avril 1920 à Stuttgart, ce fils d’un diplo­mate prussien est dès sa jeunesse plongé dans un univers cos­mopo­lite et apprend plusieurs langues. Après des années sco­laires à Copen­h­ague, Oslo et Berne, c’est à Berlin qu’il obtient son bac­calau­réat – dans une ville qui a pro­fondé­ment mar­qué son des­tin, dont il devien­dra le bourgmestre en 1981, et où il s’installera après la chute du régime com­mu­niste comme pre­mier prési­dent de l’Allemagne réunifiée.

UN PÈRE À NUREMBERG

Le début de la deux­ième guerre mon­di­ale inter­rompt ses études de droit et d’histoire à Greno­ble : à 19 ans, il com­mence à se bat­tre sur le front de l’Est dans les rangs du 9e rég­i­ment d’infanterie de Pots­dam, d’où seront issus quelques-​uns des officiers impliqués dans l’attentat du 20 juil­let 1944 con­tre Hitler.

L’après-guerre lui réserve une deux­ième épreuve dif­fi­cile, car son père, directeur du cab­i­net du min­istre des affaires étrangères Ribben­trop entre 1938 et 1943, est accusé devant le tri­bunal de Nurem­berg d’avoir col­laboré aux dépor­ta­tions des juifs. Pen­dant ce procès, Richard von Weizsäcker décou­vre toute l’ampleur des hor­reurs du nazisme tout en défen­dant son père. Cette expérience-​clé fait mûrir un car­ac­tère rationnel, méfi­ant à l’égard des grandes pas­sions publiques, mais sen­si­ble aux nuances de la réal­ité. Il en garde égale­ment cette forte voca­tion morale qui vise à empêcher tout retour de la barbarie.

Ses con­vic­tions étant plus morales que poli­tiques, Richard von Weizsäcker, devenu père de famille, ne s’engage cepen­dant pas immé­di­ate­ment dans la voie poli­tique et préfère pour­suivre une car­rière en entre­prise, chez Hoechst et Man­nes­mann, avant de devenir prési­dent du Con­grès des églises protestantes.

« NOUS DEVONS ACCEPTER CE PASSÉ »

Ce n’est qu’en 1969, et à la demande d’Helmut Kohl, qu’il siège pour la pre­mière fois au Par­lement, et s’affirme au sein du Parti chrétien-​démocrate (CDU) comme spé­cial­iste de la poli­tique inter-​allemande et des rela­tions avec les pays de l’Est. Son objec­tif affiché, pour­tant, est la prési­dence – choix qui pour­raitsur­pren­dre, cette fonc­tion étant pure­ment représentative.

Elle sem­ble toute­fois faite sur mesure pour Richard von Weizsäcker. En effet, ce n’est pas le pou­voir de l’action qui attire cet aris­to­crate réservé, mais le mag­istère de la parole. Il a un mes­sage à délivrer, et veut être sûr qu’on l’écoute. Après deux ten­ta­tives infructueuses, Richard von Weizsäcker est finale­ment élu prési­dent en 1984 à la quasi-​unanimité, et s’adresse avec toute l’autorité que ce poste lui con­fère au pub­lic alle­mand et inter­na­tional dans un grand dis­cours prononcé le 8 mai 1985, à l’occasion du 40e anniver­saire de la capit­u­la­tion allemande :

« Per­sonne n’attend des jeunes Alle­mands qu’ils por­tent une chemise de péni­tent sim­ple­ment parce qu’ils sont des Alle­mands. Mais leurs aînés leur ont laissé un lourd héritage. Nous tous, coupables ou non, vieux ou jeunes, devons accepter ce passé.(…) Celui qui ferme les yeux devant le passé s’aveugle pour l’avenir. Celui qui ne veut pas se rap­peler l’inhumain s’expose aux nou­veaux risques d’infection.»

EXIGEANT ET DIFFICILE

Car­ac­térisé comme exigeant et dif­fi­cile par ses col­lab­o­ra­teurs, Richard von Weizsäcker est un per­son­nage haute­ment appré­cié à l’étranger – à tel point qu’il accom­pa­gne à plusieurs reprises le min­istre des affaires étrangères, Hans-​Dietrich Gen­scher, à la demande de celui-​ci, pour « rac­co­moder les pots cassés » par le chance­lier Kohl, notam­ment en Pologne et en Israël, où les pro­pos mal­adroits du chef de l’exécutif avaient été froide­ment reçus.

Béné­fi­ciant d’un large sou­tien pop­u­laire et réélu par les deux cham­bres du Bun­destag et du Bun­desrat en 1989 pour un sec­ond man­dat de cinq ans, Richard von Weizsäcker n’hésite pas, au risque d’out­repasser ses prérog­a­tives, d’inter­venir dans les débats agi­tant le monde poli­tique dans cette phase dif­fi­cile de réunification.

Lorsqu’il pub­lie en 1992 un livre d’entretiens dans lequel il cri­tique le « Parteien­staat », la par­ti­to­cratie à l’allemande, il s’attire une avalanche de cri­tiques de la part des hommes poli­tiques. Or, un sondage effec­tué ultérieure­ment révèle que 87 % des Alle­mands de l’Ouest et 88 % des Alle­mands de l’Est partageaient son opin­ion. Ce fut l’un des tri­om­phes incon­testa­bles pour cet homme d’Etat au pro­fil atyp­ique, dont la grande tâche a été la réc­on­cil­i­a­tion des « frères allemands ».

Source : Le Monde — 31 jan­vier 2015

Arbeit in Deutschland

Les préjugés ont la vie dure et les Français con­tin­u­ent d’avoir une dou­ble image de leurs voisins outre-​Rhin. D’une part, le «mir­a­cle économique alle­mand» fait plutôt envie mais d’autre part, la langue, la gas­tronomie ou même le cli­mat sem­blent sou­vent réd­hibitoires. Dom­mage, car l’Allemagne qui souf­fre à la fois d’un fort vieil­lisse­ment de sa pop­u­la­tion et d’un taux de natal­ité très bas, recrute en masse pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre.

L’Institut économique IW de Cologne a prévenu : il pour­rait man­quer 1,4 mil­lion de tra­vailleurs d’ici à 2020, notam­ment dans le secteur de l’ingénierie et des machines-​outils, autrement dit là où se con­cen­tre la force de l’économie alle­mande. Le pays embauche déjà 200000 ingénieurs et tech­ni­ciens chaque année, mais ce n’est pas suff­isant. Les cam­pagnes de séduc­tion de l’État Alle­mand ou de ses Län­der (régions) pour attirer des tra­vailleurs font mouche.

Source : L’Express — 23 jan­vier 2015

Mur de Berlin

Fin des années 70, quelques années après la mort de son fiancé, Nelly décide de fuir la RDA avec son fils afin de laisser ses sou­venirs der­rière elle. La jeune femme croit à un nou­veau départ de l’autre côté du mur, mais en Occi­dent où elle n’a aucune attache, son passé va la rat­traper…
La jeune femme va-​t-​elle enfin réus­sir à trou­ver la liberté ?

La cri­tique

Même sous le régime com­mu­niste de l’ex-RDA, l’amour pou­vait don­ner des couleurs aux façades des immeubles vert-​de-​gris uni­forme. Pour Nelly, la plus laide des Tra­bant pétaradantes valait bien une Jaguar du moment que son homme était au volant. A sa mort, la jeune femme a le sen­ti­ment d’être ­entrée de plein fouet dans un mur plus solide que celui de ­Berlin. Sa réal­ité vient de se fis­surer, lais­sant de nou­veau fil­trer la lumière bla­farde de cette Alle­magne de l’Est sin­istre où tout le monde sur­veille tout le monde, et où son passé la pour­suit désor­mais comme un spec­tre. Avec son fils de 11 ans, elle décide de passer à l’Ouest, non pas pour des raisons idéologiques mais pour fuir une vie ­décol­orée par la mort de son com­pagnon. Trois ans et une magouille coû­teuse plus tard, elle finit par franchir, après un épisode humiliant, la fron­tière la séparant de cette lib­erté qui s’écrit en trois let­tres – RFA – illu­minées par les néons mul­ti­col­ores des com­merces et par les phares d’arrogantes Mer­cedes aussi silen­cieuses que des cham­bres fortes. Une Alle­magne si proche et si inac­ces­si­ble à la fois où, comble de richesse, on trouve même des canettes vides de Coca-​Cola dans les caniveaux. Des tré­sors ines­timables que col­lec­tion­nera avec dévo­tion Alexej (éton­nant Tris­tan Göbel), le fils de Nelly. Mais ce rêve de cocagne est de courte durée. Aux autres l’abondance, à eux le quo­ti­dien sor­dide d’un foyer d’accueil et, pour elle, les inter­roga­toires à répéti­tion d’un agent améri­cain (Jacky Ido). Un ancien GI, au fond, autant blessé qu’elle…

BAC

Raum und Aus­tausch (Espace et échanges)

Une société peut être abor­dée du dou­ble point de vue de sa cohé­sion et de son ouver­ture, ce qui amène à s’interroger sur son inscrip­tion dans le monde.

La géo­gra­phie des cir­cuits com­mer­ci­aux et des réseaux d’influence, mais aussi les décou­vertes et la con­quête de ter­res nou­velles con­stituent des aires cul­turelles qui dépassent sou­vent les fron­tières des États. Les échanges de toutes sortes, les « emprunts » de langue à langue, de cul­ture à cul­ture en lit­téra­ture, dans les arts, les sci­ences, les tech­niques, la philoso­phie, la reli­gion, les insti­tu­tions poli­tiques et sociales et plus générale­ment dans les usages quo­ti­di­ens, ont pris une nou­velle ampleur dans l’uni­fi­ca­tion des espaces et des peu­ples, des langues et visions du monde.

Chaque société est ainsi tra­vail­lée par des con­flits entre par­ti­c­ulier et uni­versel, que recoupent sou­vent des oppo­si­tions entre tra­di­tion et moder­nité.

Orte und For­men der Macht (Lieux et formes de pouvoir)

Le pou­voir s’exerce à tra­vers un ensem­ble de rela­tions com­plexes subies ou accep­tées, sou­vent intéri­or­isées. Le pou­voir implique aussi des contre-​pouvoirs :

Com­ment limite-​t-​on le pou­voir, com­ment lui résiste-​t-​on ?

Cette notion peut être abor­dée à titre d’exemple sous les angles suivants :

- lieux insti­tu­tion­nels emblé­ma­tiques du pou­voir (Cour, château, par­lement, prison, tri­bunal, cap­i­tales, etc.) ;

- pou­voir des médias (la presse, « qua­trième pou­voir », l’opinion publique, etc.) ;

- goût du pou­voir et résis­tance au pou­voir (les per­son­nal­ités qui font l’histoire, les grandes fig­ures, la désobéis­sance civile, la guerre et le pacifisme) ;

- pou­voir et con­quêtes (luttes pour l’égalité et la lib­erté, con­quêtes et reculs ; la ques­tion de la par­ité ; le droit de vote) ;

- arts et pou­voir (sa représen­ta­tion, sa mise en scène ; la soumis­sion : louanges, art offi­ciel ; la dénon­ci­a­tion : satire, fable, caricature) ;

- langue et pouvoir.

Mythen und Helden (Mythes et héros)

Le mythe évoque la con­di­tion humaine dans son ensem­ble. Son his­toire d’abord trans­mise orale­ment est sou­vent incar­née par un héros, un lieu ou une communauté.

Inter­roger les mythes, c’est s’intéresser aux héros et aux réc­its qui fondent une iden­tité col­lec­tive. Le car­ac­tère uni­versel du mythe per­met de met­tre en évi­dence la façon par­ti­c­ulière dont chaque aire cul­turelle inter­prète l’expérience humaine et con­struit des œuvres pour l’exprimer.

Chaque époque emprunte et réac­tu­alise cer­tains mythes ou en crée de nouveaux.

Le héros peut être un per­son­nage fic­tif ou réel qui a mar­qué la tra­di­tion, l’histoire, la vie quo­ti­di­enne. La cul­ture pop­u­laire et la contre-​culture ne cessent de pro­duire leurs pro­pres héros (folk­lore, ban­des dess­inées, etc.).

Ideen des Fortschrittes (Idées du progrès)

Con­sid­éré comme outil prin­ci­pal d’orientation dans la com­plex­ité du monde, le con­cept de pro­grès a accom­pa­gné les grands moments de l’histoire. Il tra­verse et bous­cule les héritages et les tra­di­tions, entraî­nant une grande var­iété de proces­sus d’évolution ainsi que des résis­tances face au change­ment.

Relayé par un développe­ment des tech­nolo­gies de pointe, une accéléra­tion des avancées sci­en­tifiques et tech­niques, le culte de la nou­veauté et du pro­grès fait l’objet, ces dernières décen­nies, d’une prise de con­science accrue des con­séquences pos­si­bles qui en résultent.

Cette notion per­met notam­ment d’aborder :

- les effets du pro­grès sur le fonc­tion­nement des sociétés (nou­velles lib­ertés, nou­velles con­traintes et nou­velles aliénations) ;

- l’impact sur les codes de la com­mu­ni­ca­tion (évo­lu­tion des langues et langages) ;

- l’éthique du pro­grès et la responsabilité ;

- la vision diachronique des arts et des techniques ;

- la notion de moder­nité et d’avant-garde dans les arts ;

- l’illusion du pro­grès, les utopies.

equipe - sprechen sie  deutschUn peu d’histoire… La finale de la Cham­pi­ons League n’est pas incon­nue du côté du Borus­sia Dort­mund, vain­queur de la coupe en 1997, et encore moins du côté muni­chois avec 4 titres en 1974, 1975, 1976 et 2001. 74, 75 et 76… un fan­tas­tique triplé encore dans les mémoires alle­man­des ! Seul le Real Madrid à fait mieux en réal­isant le quadru­plé en 1956, 1957, 1958 et 1959.

Au niveau national, l’équipe d’Allemagne, com­muné­ment appelée «die National­mannschaft» a tou­jours fait bonne fig­ure. L’équipe nationale a rem­porté trois fois la coupe du monde de foot­ball en 1954, 1974 et 1990. Le titre rem­porté en 1954 con­tre la Hon­grie a servi de trem­plin à la célèbre mar­que Adi­das. Son inven­teur, Adolf Dassler (Adi-​Das), a fourni à la «National­mannschaft» une nou­velle paire de chaus­sures au cuir plus sou­ple et surtout équipée de cram­pons vis­sés ; détail qui selon les spé­cial­istes a fait la dif­férence… En effet, le jour de la finale, la pluie tombait forte­ment ce qui rendait le ter­rain glissant…

Les fameux cram­pons vis­sés auraient donc per­mis aux Alle­mands une meilleure sta­bil­ité sur un ter­rain dif­fi­cile­ment prat­i­ca­ble et ainsi con­tribué au pre­mier titre mon­dial de la RFA… L’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est étaient à l’époque deux nations dis­tinctes. Le titre de la une alle­mande «Wir gegen uns» n’a pas été inventé mais plutôt ressorti des tiroirs…

Avant la réu­ni­fi­ca­tion de 1990, les ren­con­tres sportives RFA con­tre RDA étaient con­sid­érées dans les deux Etats alle­mands comme un match germano-​allemand : «Wir gegen uns» ! Vingt ans plus tard, le sec­ond titre a été rem­porté con­tre la grande équipe des Pays-​Bas, emmenée par Johan Crui­jff. Côté alle­mand, Franz Beck­en­bauer mar­qua les esprits en ter­mi­nant la ren­con­tre le bras en écharpe. Le dernier titre fut rem­porté en 1990 en Italie. 1990, l’année de la Réu­ni­fi­ca­tion… grande année pour l’Allemagne.

Quelques chiffres :

Coupe du monde : 17 par­tic­i­pa­tionsVain­queur : 1954, 1974 et 1990 — Final­iste : 1966, 1982, 1986 et 2002 — Troisième place : 1934, 1970, 2006 et 2010 — Qua­trième place : 1958

Après la vic­toire de Dort­mund sur le Real de Madrid, le Bay­ern de Munich s’est qual­i­fié pour la finale de la Cham­pi­ons League en bal­ayant d’un revers de main le FC Barcelone (70 sur les deux ren­con­tres). Le 25 mai prochain, la finale de Wem­b­ley sera 100% alle­mande ! «Wir gegen uns» (nous con­tre nous) titrent ce matin les jour­naux d’outre-Rhin.

Auteur d’une presta­tion remar­quable, le Français Frank Ribéry est désor­mais qual­i­fié de «Flanken­gott» (Dieu des cen­tres) par la presse alle­mande. En France, le quo­ti­dien sportif «L’Equipe» évoque d’une façon plus péd­a­gogique cette future finale : «Sprechen Sie Deutsch?»

Si cette inter­ro­ga­tion vous laisse sans voix, je crois que nous pou­vons remédier à ce problème !

Con­sul­tez les rubriques «For­ma­tion» et «Cours par­ti­c­uliers» de ce site !

Con­tactez nous :

  • Mobile : 06 80 12 13 88

Réseaux soci­aux

Suivez nous et restons en contact :